Messianique de Toulon

AMT – EMET – אמת

Paracha Ki Tetsé

Divorce et remariage

 

 

La Torah est un livre hébraïque écrit par des hébreux pour les hébreux (donc pour les juifs).

Elle s’adresse aux enfants d’Israël, à des croyants en Hachem et bien entendu à toutes personnes ayant fait Téchouva (repentance) de sa vie passée, et ayant accepté le Seigneur Yéchoua comme Mélè’h HaMachia’h (Roi Messie).

 

Donc tout ce chiour (cours) est adressé à des croyants du D.ieu d’Israël et non pas à ceux du dehors (que je ne juge pas par ailleurs…).

A chacun d’en tirer des enseignements pour sa propre vie.

 

Cette semaine, dans Paracha Ki Tetsé, la Torah décrit les lois concernant le mariage et le divorce. 

Le Talmud dit que lorsqu’un couple divorce, c’est comme si l’autel versait des larmes.

 

Le divorce affecte de nombreuses personnes dans le corps du Machia’h. 

Il arrive que les gens se marient avant de connaître Yéchoua et découvrent ensuite qu’ils ont fait un choix très imprudent concernant leur conjoint. 

Encore plus complexe: le remariage après le divorce est-il permis ou est-ce considéré comme un adultère ?

 

         2 Corinthiens 5 v 17 Si quelqu’un est dans le Machia’h, il est une nouvelle créature.

           Les choses    anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles.

 

Je rappelle que notre vie (avant la repentance) est considérée comme une chose ancienne.

De nouvelles pages blanches nous sont données dans notre nouvelle vie de croyant en Yéchoua.

 

Explorons ce que Yéchoua dit sur le divorce et le remariage :

 

         Matthieu 19 v 3 Les pharisiens l’abordèrent, et dirent, pour l’éprouver :

           est-il permis à un homme de répudier sa femme pour un motif quelconque ?

 

Les pharisiens viennent à lui pour le tester. Ils demandent :

« Est-il permis à un homme de divorcer de sa femme pour n’importe quelle raison ? »

 

Nous soupçonnons les pharisiens de chercher une occasion pour faire chuter Jésus lorsque nous lisons le mot « éprouver ». En réalité, leur demande est sincère. 

Ils veulent savoir ce que Yéchoua pense du divorce précisément parce que les deux courants pharisaïques, celle de Hillel et celle de Chammaï, sont diamétralement opposées.

La source de cette question se trouve dans la paracha de cette semaine : 

 

        Deutéronome 24 v 1 « Quand un homme aura pris une femme et cohabité avec elle ;

          si elle cesse de lui plaire, parce qu’il aura remarqué en elle quelque chose de malséant,

          il lui écrira un libelle de divorce, le lui mettra en main et la renverra de chez lui. »

 

Le débat fait rage entre ces deux écoles à cause de l’ambiguïté du mot hébreu utilisé pour « quelque chose de malséant ». 

L’école conservatrice de Chammaï a adopté une approche très étroite du verset. 

 

Chammai enseigne que le quelque chose de malséant fait référence à l’adultère ou à l’immoralité sexuelle.

Selon cette opinion, un mari ne peut divorcer de sa femme que pour cause d’infidélité.

Cette école laisse peu de place au divorce.

 

Rachi va dans ce sens :

 

         Car il a trouvé en elle une chose de nudité (malséant)

           C’est une mitsva pour lui de la répudier, pour qu’elle ne trouve plus grâce à ses yeux (Guitin 90a).

 

Le courant de pensée beaucoup plus libérale de Hillel a interprété le verset différemment :

quelque chose de malséant signifie à peu près tout ce que le mari trouve d’indésirable chez sa femme. 

Hillel enseigne que même si une femme manque à ses capacités de cuisinière, cela peut être considéré comme quelque chose de malséant et peut devenir un motif légal de divorce. 

 

On retrouve ce débat enregistré dans la Michna :

 

          L’école de Chammaï dit qu’un homme ne devrait pas divorcer de sa femme à moins qu’il ne l’ait trouvée coupable d’un comportement immoral comme il est écrit,

          « parce qu’il trouve quelque chose d’indécent en elle ».

          L’école de Hillel, cependant, dit qu’un homme peut divorcer de sa femme même si elle a simplement gâché sa nourriture comme il est écrit,

           « parce qu’il trouve quelque chose d’indécent en elle ». Gittin 9:10

 

Les pharisiens veulent savoir quelle est la position de Yéchoua sur ce débat. 

Yéchoua leur répond dans Matthieu chapitre 19 :

 

         Matthieu 19 v 4-6 Il répondit: N’avez-vous pas lu que le créateur, au commencement,

           fit l’homme et la femme 5 et qu’il dit: C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère,

          et s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair ?

          6 Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair.

           Que l’homme donc ne sépare pas ce que D.ieu a joint.

 

Yéchoua rappelle d’abord aux pharisiens le caractère sacré du mariage. Il cite Genèse :

 

        Genèse 2 v 24 C’est pourquoi l’homme abandonne son père et sa mère ; il s’unit à sa femme,

          et ils deviennent une seule chair.

        Genèse 5 v 2 Il les créa mâle et femelle, les bénit et les appela « Adam », le jour de leur création. 

 

Yéchoua répond de cette façon car les maîtres disent que, quand D.ieu a créer Adam, il l’a créé avec les deux sexes, masculin et féminin.

Le nom « Adam » signifie littéralement « homme (être humain) » mais, c’est aussi le nom propre donné au premier « homme ». 

 

Les Maitres ont pu voir à la fois le mâle et la femelle contenus dans l’Adam originel. 

Ce fait est attesté dans le midrach :

 

        Genèse Rabbah 8:1 Lorsque le Saint, béni soit-Il, a créé Adam, Il l’a créé androgyne,

          comme il est dit : « Il les a créés mâle et femelle et… Il les a appelés Adam ».

 

Selon le midrash, ils étaient tous les deux Adam, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’Eve soit séparée d’Adam. 

En fait, la femme ne s’appelle Eve qu’après la chute d’Adam. 

Pour que la création originelle Adam soit à nouveau complète, il faut s’unir dans le mariage.D’où la déclaration de Yeshoua et de Genèse 2:24. 

 

Nous pouvons trouver une pensée similaire dans le Talmud :

 

         Yevamoth 62b : Rabbi Eléazar a dit: « Tout homme qui n’a pas de femme n’est pas un homme à part entière ;

          car il est dit Il les créa mâle et femelle et… Il les appela Adam.

 

Yéchoua continue au verset 6 :

 

        Matthieu 19 v 6 Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair.

          Que l’homme donc ne sépare pas ce que D.ieu a joint.

 

Avec cette déclaration, Yéchoua ne laisse aucune place à l’interprétation libérale de Hillel. 

Il parle de la haute estime que D.ieu a pour le mariage, ce qui est également attesté dans le Talmud :

 

         Sanhédrin 22a : Le rabbin Eliezer a dit: « Quand un homme divorce de sa première femme,

           l’autel lui-même verse des larmes. »

 

Pourtant, Hachem, par l’intermédiaire de Moché, a pris des dispositions pour le divorce, et les pharisiens n’ont pas tardé à répondre :

 

          Matthieu 19 v 7 Pourquoi donc, lui dirent-ils, Moché a-t-il prescrit de donner à la femme une lettre de divorce et de la répudier ?

 

Leurs réponse logique est sans équivoque, personne ne peut retrancher ce qu’ Hachem a écrit car ce serait abolir la Torah.

 

Yéchoua répond :

 

        Matthieu 19 v 8-9 Il leur répondit: C’est à cause de la dureté de votre coeur que Moché vous a permis de répudier vos femmes ; au commencement,

          il n’en était pas ainsi.

          9 Mais je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour infidélité, et qui en épouse une autre, commet un adultère.

 

Yéchoua, au verset 8, parle d’une dureté de cœur qui s’est installée dans l’homme depuis la chute dans le jardin d’Eden. 

Sachant que l’homme et la femme étaient imparfaits et enclins au péché, Hachem, par l’intermédiaire de Moché, a permis le divorce pour infidélité conjugale. 

 

Dieu, au départ, ne voulait pas que l’humanité se comportent en divorçant. Il l’a pourtant permis.

Nous devons revenir à l’idée initiale établie avant la chute. 

 

Yéchoua le précise au verset 9, en déclarant que quiconque répudie sa femme, sauf pour infidélité conjugale, commet un adultère.

 

Dans le livre de Marc, la réponse est plus strict.

 

        Marc 10 v 11-12 Il leur dit: Celui qui répudie sa femme et qui en épouse une autre,

          commet un adultère à son égard ; 12 et si une femme quitte son mari et en épouse un autre,

          elle commet un adultère.

 

Ici, Yéchoua semble ne faire aucune place au divorce. 

Ces versets peuvent porter à confusion et demandent un éclaircissement. 

 

Le Docteur Américain Brad Humes Young dans son livre Jésus le théologien juif ( Peabody, Mass Hendrickson Publishers 1995) indique une réponse possible à cette divergence apparente entre la Torah et la déclaration de Yéchoua. 

La traduction alternative de Young est basée sur un point grammatical de l’hébreu qui donnerait à ce verset : « Quiconque divorce de sa femme », afin d’en épouser une autre, commet un adultère. 

 

De plus la Torah se prend dans son ensemble et on ne peut pas omettre le « sauf pour infidélité » de Matthieu 19 verset 9.

 

Il y a un dernier point que nous devrions considérer avant de tirer une conclusion: L’adultère était une faute passible de mort par lapidation selon (Lévitique 20:10). 

Si un vrai adultère avait été commis, selon la Halakha (loi juive) il n’y aurait pas eu besoin de divorcer. 

 

Cela rend la réponse de Yéchoua encore plus difficile à comprendre.

 

La réponse de Yéchoua amène chaque homme à considérer le motif de ses actions, à sonder son cœur et à s’élever spirituellement,  en observant la Torah.C’est ce que fait Yéshoua dans ses enseignements.

 

Y a-t-il d’autres raisons que l’adultère pour divorcer de son conjoint?

Pour les vrais croyants, il n’y a pas d’autres raisons, car il faut s’efforcer à tous prix de retrouver le Chalom Bayit (paix du ménage), seul ou avec des autorités compétentes.

 

Attention : je ne parle pas de situations intolérables telles que la violence conjuguale, l’inceste, la pédophilie, la toxicomanie, la perversion narcissique, l’alcoolisme agravé  etc…

Ces choses-là ne devraient se trouver que chez les gens des nations, dans le monde, chez les inconvertis et en aucun cas au milieu des enfants d’Israël. 

 

Ceux qui font téchouva et qui arrivent au Seigneur mariés, avec des problèmes de couple, doivent être traités au cas par cas.

 

L’adultère représente une rupture complète du mariage et une violation des vœux du mariage. 

 

Cela se produit à cause d’un manque total d’amour et de respect pour son conjoint et c’est pour cette raison que Yéchoua a dit que le divorce était autorisé.

 

L’abus, la négligence et le comportement criminel représentent également une violation des vœux.

Dans ces cas-là, les manques d’amour et de respect ayant engendrés des comportements toxiques ou criminelles sont souvent passibles de peine civile et condamnés par la Halakha.

La préservation du mariage n’est pas à tous prix.

Cependant, on ne peut pas divorcer parce que l’on ne s’entend plus ou parce que l’on ne s’aime plus.

 

Je vais le dire autrement : on ne peut pas divorcer parce que l’on a pas entretenu l’amour dans le couple. 

Le couple, c’est un travail au quotidien.

le Chalom Bayit (paix du ménage) est une reconstruction de tout le travail qui n’a pas été fait.

 

Quant on a divorcé pour les bonnes raisons, en tant que croyant, ou que l’on arrive au Seigneur en étant divorcé, on peut évidemment se remarier!

Le désir d’Hachem n’est pas que l’homme vive seul. 

 

          Rabbi Eléazar a dit : « Tout homme qui n’a pas de femme n’est pas un homme à part entière ;

          car il est dit Il les créa mâle et femelle et… Il les appela Adam » Yevamoth 62b

 

En conclusion Yéchoua a dit : « Quiconque divorce de sa femme [afin d’en épouser une autre] commet un adultère » et nous devons vivre notre vie et conseiller aux autres de vivre leur vie selon cette norme. 

Tout en se souvenant qu’ Hachem a pour haute estime le mariage, comme le dit le Talmud :

 

        Sanhédrin 22a : Le rabbin Eliezer a dit: « Quand un homme divorce de sa première femme,

          l’autel même verse des larmes. »

 

J’espère ne pas avoir blessé quelqu’un dans mes propos, car je sais par expérience que les choses sont complexes et souvent difficiles à vivre.

 

Mon but est de remettre ce sujet en corrélation avec la parole d’Hachem.

Ce sujet est d’actualité, car il n’y a jamais eu autant de divorces chez les croyants.

 

Je reste à votre disposition pour toutes questions.

 

 

 

Kol Tout