Messianique de Toulon

AMT – EMET – אמת

La naissance de Yeshoua

 

LA NAISSANCE DE YESHOUA

 

Si vous vous voulez partager/copier cet article, n’oubliez pas de citer la source, merci.

 

Parmi les quatre évangiles relatant la vie de Yeshoua, seulement deux d’entre eux expliquent la naissance du Messie. En effet, Matityahou et Loucas rapportent cet événement qui est un élément majeur pour parvenir à la pleine compréhension du Messie. Afin d’être précis dans l’analyse des textes nous allons lire et étudier ces récits de façon chronologique, en relevant chaque détail dans le but d’être le plus pertinent possible. Le débat porte principalement sur le sujet suivant : Yeshoua est-il issu d’une relation illicite entre Miriâm et Yoseph ou est-il né de Miriâm et de l’action du Roua’h hakodesh.

 

L’ange Gavriel vient prévenir Miriâm

 

L’histoire commence par la naissance de Iohânan haTbilah (Jean le baptiste) ainsi qu’il est dit : « Au sixième mois, l’ange Gavriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galil (Galilée), appelée Nazareth, auprès d’une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Yoseph. Le nom de la vierge était Myriam (Marie). L’ange entra chez elle, et dit : Je te salue, toi à qui une grâce a été faite ; le Seigneur est avec toi. Troublée par cette parole, Myriam se demandait ce que pouvait signifier une telle salutation. L’ange lui dit : Ne crains point, Myriam ; car tu as trouvé grâce devant Dieu. Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Yeshoua. Il sera grand et sera appelé Fils de haElion (le Très Haut), et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Il règnera sur la maison de Yaacov éternellement, et son règne n’aura point de fin. » Loucas / Luc 1 : 26 à 33

 

Le texte nous explique premièrement qu’un ange divin (Gavriel) est venu avertir Myriâm (Marie) de l’évènement imminent, la naissance du Mashiah. Jusqu’ici pas de difficulté de lecture. Cependant dans la suite du récit, Myriam se pose cependant une question des plus pertinente : « Myriam dit à l’ange : Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d’homme ? » Loucas / Luc 1 : 34

 

Cette question est des plus importante. Myriâm est fiancée à Yoseph c’est à dire la première étape du mariage, appelée éroussin ou kiddoushîn. Cette condition ne lui permet pas de faire d’enfant puisqu’elle n’est pas autorisée, selon la halakha (la loi de Dieu), à avoir des rapports intimes avec son fiancé avant le mariage. Justement c’est la toute la question de Myriâm. Maintenant pourquoi n’a-t-elle simplement pas attendu d’être marié à son époux Yoseph pour concevoir le Messie ? La réaction logique de Myriâm aurait dû être la suivante : « Puisqu’un ange de l’Eternel est venu me dire que j’allais mettre au monde le Messie, je n’ai plus qu’à me marier rapidement avec mon époux et concevoir le Messie pour mon Dieu. » Mettez-vous à la place de Myriâm, si un ange vient vous voir et que vous êtes déjà fiancée, n’est-il pas logique de penser que l’enfant sera issu de ce mariage ? Si demain cela arrivait, l’épouse s’empresserait de le dire à son époux et les deux se préserveraient et se sanctifieraient pour accomplir cette prophétie divine. A moins que Myriâm comprenait visiblement que cet événement devait s’accomplir rapidement…

 

Après le questionnement de la Tzadéket (juste) l’ange lui formula la réponse suivante : « L’ange lui répondit : Le Roua’h haKodesh viendra sur toi, et la puissance de haElion (du Très Haut) te couvrira de son ombre. C’est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu. Voici, Elishéva (Élisabeth), ta parente, a conçu, elle aussi, un fils en sa vieillesse, et celle qui était appelée stérile est dans son sixième mois. Car rien n’est impossible à Dieu. » Loucas / Luc 1 : 35 – 37

 

L’ange emploi la formule : « le Roua’h haKodesh (Saint esprit) viendra sur toi, et la puissance de haElion te couvrira. » Certains disent que cette expression est directement en lien avec le midrash de Béréshit Rabbah 85 : 12 relatant l’union interdite entre Tamar et Yehouda « La rouah hakodesh dit : c’est de moi que ces choses sont arrivées ». Mais cette explication n’est pas vraie, ni logique.

 

  • Premièrement, les personnes ayant lues le Midrash Rabbah et connaissant la pensée et le développement de ce dernier savent que les midrashim sont présents pour expliquer, raconter, développer ou commenter les écritures. Mais le midrash n’est que le commentaire d’un texte et non pas le texte lui-même.

 

  • Secondement un ange vient prévenir Myriâm de cet évènement. Aucun ange ne vient prévenir Yehouda qu’il allait voir une prostitué (déguisée) et coucher avec, d’autant plus que Yehouda refusait de donner son troisième fils à Tamar pour qu’il est une descendance. Après l’avoir renvoyée, Tamar piégea Yehouda en se déguisant en prostitué et ils eurent des Jumeaux. Nous voyons bien que Yehouda n’aurait pas dû renvoyer Tamar et il aurait dû la marier à son troisième fils, il y a donc opposition de Yehouda à la volonté de Dieu qui se fait piéger à son propre jeu et à ce moment-là le Roua’h hakodesh dit dans Béréshit Rabba: « c’est de moi que ces choses sont arrivés. », Dieu a dû forcer le plan Messianique au travers de la dynastie de Yehouda parce que dans cette situation précisément cela était nécessaire. Il faut recontextualiser les choses avec un peu de discernement. La situation entre Yoseph et Myriâm n’a absolument rien à voir. Au contraire les deux sont des Tzadikim (justes) et sont en parfaite légalité et projettent de se marier. Dieu n’utilise des situations comme celle de Tamar et Yehouda que quand il n’a pas le choix. Un peu d’honnêteté intellectuelle. Si tel était le cas, il faudrait admettre que l’ange Gavriel est venu avertir une Tzadeket (une juste) qu’elle allait fauter en commettant un adultère avec son fiancé Yoseph. Le mariage est l’une des étapes les plus importantes dans la vie d’un homme ainsi qu’il est dit : « Que le mariage soit honoré de tous et le lit conjugal épargné par la souillure : ceux qui se livrent à l’immoralité sexuelle et à l’adultère, D.ieu les jugera. » Hébreux 13.4. Une partie des sources de l’époque de la Mishna (commentaire rabbinique sur la halakha), explique que les rapports hors mariage sont considérés comme une forme de prostitution Sifra kedoushim chap 7 et cette position a été reprise par le Talmud Sanhedrin 71 : a et ensuite par le Rambam Hilkhot neara betoula chap 2 : 17. Hilkhot ichout chap 1 : 4

 

  • Troisièmement, il est important de rappeler que l’ange Gavriel répond à Myriâm qui demandait : «Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d’homme ? ». L’ange explique à Myriâm que sa parente Elisheva est enceinte elle aussi de façon inhabituelle, car elle était stérile, et qu’elle enfantera un fils ainsi qu’il est dit : « Voici, Elishéva (Élisabeth), ta parente, a conçu, elle aussi, un fils en sa vieillesse, et celle qui était appelée stérile est dans son sixième mois. Car rien n’est impossible à Dieu. ». L’ange choisi donc, pour expliquer ce phénomène, en le comparant avec la grossesse inhabituelle et « miraculeuse » de sa parente Elisheva confrontée aux mêmes épreuves de fertilité de nos mères Sarah, Rivkha et Rahel. Pourquoi comparer le miracle de la stérile qui enfante à une relation hors mariage ? L’ange finit d’ailleurs en disant : « Car rien n’est impossible à Dieu », ce qui implique clairement que Dieu peut faire des choses hors du commun, et non pas provoquer une relation prohibée par la Torah.

 

  • De plus, cette expression peut être comparée avec un passage du Zohar des plus étranges : « Le berger fidèle dit : « à cette époque (arriverons) des angoisses et des douleurs sur la femme qui enfante, c’est-à-dire la Shékhina (présence Divine) (…) Par ces douleurs, qui la feront crier, soixante-dix Sanhédrins surnaturels seront suscités, jusqu’à ce que la voix de la femme atteigne le Seigneur… et de ces cris, qui sortent de sa bouche (…) Son utérus s’ouvrira (…) pour enfanter deux Messie (…) à cette époque les forêts seront dénudées et le Serpent disparaitra du monde. » Zohar : partie Raya Mehemna Tome III : 67b – 68a dans le livre de Raphael Pataî The Messiah Texts, pp. 123 – 130

 

 

Après la réponse de l’ange Gavriel à la question de Myriâm, l’ange la quitta après qu’elle lui ait dit : « Je suis la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon ta parole ! »

 

Directement après cet entretien avec l’ange, Myriâm quitta immédiatement Nazareth pour rejoindre sa parente ainsi qu’il est dit : « Dans ce même temps, Myriâm se leva, et s’en alla en hâte vers les montagnes, dans une ville de Yehouda (Juda). Elle entra dans la maison de Zakharia (Zacharie), et salua Elisheva (Élisabeth).  Dès qu’Élisabeth entendit la salutation de Myriâm, son enfant tressaillit dans son sein, et elle fut remplie du Roua’h haKodesh (Saint Esprit.) Elle s’écria d’une voix forte : Tu es bénie entre les femmes, et le fruit de ton sein est béni. Comment m’est-il accordé que la mère de mon Seigneur vienne auprès de moi ? Car voici, aussitôt que la voix de ta salutation a frappé mon oreille, l’enfant a tressailli d’allégresse dans mon sein. Heureuse celle qui a cru, parce que les choses qui lui ont été dites de la part du Seigneur auront leur accomplissement. » Loucas / Luc 1 : 39 – 45

 

Dès lors, Myriâm et Yoseph furent séparés pendant un certain temps. Evidemment il ne vivaient pas ensemble non-plus car cela est prohibé selon la Torah. Après cette réaction de Iohânan dans le ventre d’Elishéva, Myriâm remercia Dieu de ce que le Roua’h hakodesh avait dit par la bouche de sa parente. Myriâm demeura ensuite trois mois chez Elishéva et retourna chez elle ainsi qu’il est dit : « Myriâm demeura avec Elishéva environ trois mois. Puis elle retourna chez elle. » Loucas / Luc 1 : 56

 

Dans le chapitre deux de l’évangile de Loucas, nous apprenons que Myriâm est enceinte lorsque Yoseph et elle monte pour se faire recenser à Beth Lehem (Bethléhem). C’est dans cette époque que naquit Yeshoua ainsi qu’il est dit : « Yoseph aussi monta de la Galil (Galilée), de la ville de Nazareth, pour se rendre en Judée, dans la ville de David, appelée Beth léhem, parce qu’il était de la maison et de la famille de David, afin de se faire inscrire avec Myriâm, sa fiancée, qui était enceinte. Pendant qu’ils étaient là, le temps où Myriâm devait accoucher arriva, et elle enfanta son fils premier-né. Elle l’emmaillota, et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie. » Loucas / Luc 2 : 4 – 7

 

Les deux premiers chapitres de l’évangile de Loucas (Luc) nous expliquent donc :

  • Les temps avant la naissance du Messie
  • La prophétie de l’ange Gavriel venu avertir Myriâm
  • Le temps (approximatif) de la naissance de Yeshoua

 

L’évangile de Matityahou (Matthieu) lui, nous révèle un aspect tout autre. Il nous parle directement de la conception du Mashiah et des réactions de Yoseph et nous révèle des éléments indispensables. Nous allons comme qui dirait : « rentrer dans le vif du sujet ! »

 

Les généalogies

 

Il semblerait que Matityahou (Matthieu) cherche à nous faire comprendre la mission du Messie. Il fait constamment référence aux prophéties du Tanakh (Ancien Testament) afin de prouver que Yeshoua est bien le Messie annoncé par les prophètes. Ainsi il est dit : « Toldot (Engendrement) de Yeshoua haMashiah, fils de David, fils d’Avraham. Avraham engendra Itshak ; Itshak engendra Yacov ; Yacov engendra Yehouda et ses frères ; Yehouda engendra de Thamar Pharès et Zara ; Pharès engendra Esrom ; Esrom engendra Aram ; … Éliud engendra Éléazar ; Éléazar engendra Matthan ; Matthan engendra Yacov ; Yacov engendra Yoseph, l’époux de Miriâm, de laquelle est né Yeshoua, qui est appelé Messie. » Mattiyahou / Matthieu 1 – 16

 

Dans toutes les lignées de la Torah, les engendrements se déroulent toujours et uniquement ainsi « untel engendra untel ; untel engendra untel ; etc… » ou plutôt « X engendra X ; X engendre X… » ce qui est également le cas de l’évangile de Matthieu. Mathieu écrit « X engendra X ; X est l’époux de Y qui engendra X… ». Matthieu fait ici une erreur grammaticale vraiment suspecte. Il aurait dû écrire : « Matthan engendra Yacov ; Yacov engendra Yoseph ; Yoseph engendra Yeshoua. » or il est écrit : « Yacov engendra Yoseph, l’époux de Myriâm, de laquelle est né Yeshoua, qui est appelé Messie. » Cette anomalie n’a pas d’explication, hormis le fait que Yoseph n’était pas le géniteur biologique de Yeshoua. Malheureusement pour ce qui s’opposent à ces faits, Loucas (Luc) fera une erreur similaire quand, lui aussi, expose la généalogie de Yeshoua. En effet, il est écrit : « Yeshoua avait environ trente ans lorsqu’il commença son ministère, étant, comme on le croyait, fils de Yoseph, fils d’Héli, » Loucas / Luc 3 : 23

 

Il est écrit : « … il était, comme on le croyait, fils de Yoseph… » l’expression « on le croyait » vient du grec νομίζω nomizo qui signifie « on pensait » ou encore « on croyait », ici dans le sens « on croyait mais cela était faux » comme cela est mentionné dans Matthieu 5 : 17 « Ne croyez (νομίζω nomizo) pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes ; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. » ; Voir aussi Matt 10 : 34 et Tim 6 : 5.

 

De plus, dans les évangiles de Matthieu et Luc, il existe des différences dans la généalogie du Messie. Par exemple, celle de Luc 3 : 23 induit que le père de Yoseph est Héli et non Yaacov. Selon les exégètes la raison de ces différences a pour objectif de proposer la généalogie de Yoseph et de Myriâm. Celle de Mattityahou expose donc la généalogie de Yoseph, celle de Luc propose la généalogie de Myrîam. Afin que l’on comprenne que Yeshoua est du sang de David selon Myriâm « selon la chair » et Yoseph est son père, mais pas son géniteur. Yoseph est cependant considéré comme son père légalement : « Pour t’enseigner que d’élever un orphelin dans sa maison est considéré, au regard de la Torah, comme si on l’avait soi-même mis au monde. » et plus bas : « Rabbi Hanina a déduit qu’un parent adoptif avait autant de mérite que le géniteur, de ce verset (Ruth 4,17) : « les voisines l’appelèrent d’un nom en disant : un fils est né à Noémie. » Noémie l’avait-elle enfanté ? N’est-ce pas Ruth qui l’a mis au monde ? Mais Ruth l’a enfanté et Noémie l’a élevé, aussi fut-il appelé en son nom. » TB Sanhédrin 19b p.183 et 184

 

Nous retiendrons simplement que les deux évangélistes font le même type d’erreur l’un écrit : « Yacov engendra Yoseph, l’époux de Myriâm, de laquelle est né Yeshoua, qui est appelé Messie » alors que si Yoseph était le géniteur il aurait dû écrire « Yacov engendra Yoseph, Yoseph engendra Yeshoua » et Loucas écrit : « … il était, comme on le croyait, fils de Yoseph… » Loucas / Luc 3 : 23

 

 

La conception du Messie

 

« Voici de quelle manière arriva la naissance de Yeshoua hamashiah. Myriâm, sa mère, ayant été fiancée à Yoseph, se trouva enceinte, par la vertu du Roua’h haKodesh, avant qu’ils eussent habité ensemble. » Matityahou / Matthieu 1 : 18

 

Voici la traduction de André Chouraqui : « L’enfantement de Iéshoua‘, messie, c’est ainsi :  Myiriâm, sa mère, est fiancée à Iosseph. Avant qu’ils se rencontrent, elle est trouvée l’ayant dans le ventre par le souffle sacré. » Matyah 1 : 18

 

L’expression « avant qu’ils ne se rencontrent » vient du grec συνέρχομαι (sunerchomai) qui veut dire s’assembler, s’unir et aussi une cohabitation conjugale. Même si cette explication est suffisante on peut aussi supposer que le texte fasse référence à la période dans laquelle Yoseph et Miriâm furent séparés quand cette dernière vivait chez sa parente Elishéva. Mais sur ce point précis je n’en suis pas sûr. Cependant une chose est sûre, le texte exclu Yoseph de la conception. C’est d’ailleurs ce que nous prouve une fois de plus les versets qui suivent.

 

« Yoseph, son époux, qui était un homme de bien (Tzadik) et qui ne voulait pas la diffamer, se proposa de rompre secrètement avec elle. » Matityahou / Matthieu 1 : 19

 

Le texte nous dit que Yoseph est un Tzadik (juste). Un tzadik est justement à l’image de Yoseph haTzadik, le fils de Rahel et Yacov, qui résista aux avances de la femme de Potiphar. C’est justement parce qu’il réussit à contenir ses pulsions qu’il lui fut attribué le titre de Tzadik. Comment prétendre que la bible attribuerait le tire de Tzadik à quelqu’un qui vient de commettre une avéra (faute) en commettant un acte sexuel hors mariage ?

 

De plus il est écrit que Yoseph ne voulait pas diffamer Miryam, diffamer qui vient du Grec παραδειγματίζω (paradeigmatizo) qui a pour sens exposer à un déshonneur public en pensant qu’elle était adultère. Si Yoseph avait commis une relation hors mariage il n’aurait pas diffamé Myriâm afin de ne pas être assimilé également dans cette diffamation. Si Yoseph avait commis un adultère avec Myriâm et était un Tzadik il aurait dû avoir le comportement d’un Tzadik en prenant ses responsabilités et se mariant immédiatement avec Myriâm afin de régulariser sa situation le plus rapidement possible, c’est ce qu’enseignent nos maîtres. C’est également ce que le Rav Emmanuel BENSIMON enseigne sur Torah Box dans la rubrique « question au rav ». Voici la situation qui lui est exposé :

 

Question Anonyme :

« Bonjour Rav, avec mon fiancé, nous avons décidé de nous marier. Nous vivons ensemble, et je viens d’apprendre que je suis enceinte. Je serai enceinte de 4 bons mois lors de notre mariage. Cette grossesse remet-elle tout en cause ? Pouvons-nous nous marier sous la ‘Houppa ? (…) »

Réponse du Rav :

« (…) Vous pouvez et devezvous marier sous la ‘Houppa le plus rapidement possible. (…) Le plus important : il faut faire Téchouva sur les fautes passées (…) »

Pour consulter l’article entier : https://www.torah-box.com/question/pourrais-je-me-marier-enceinte_5013.html

 

En accord avec ce qui vient d’être dit, l’attitude de Yoseph aurait donc dû être de se marier immédiatement afin de régulariser sa situation. Un Tsadik ne peut avoir une telle attitude de lâcheté, ne pas assumer la responsabilité de sa faute. Cependant le texte expose l’inverse. Cette interprétation ne tient absolument pas debout.

 

La véritable et seule explication est la suivante : Yoseph était évidemment un Tzadik, et quand il vit sa fiancé revenir enceinte après des mois d’absence, il eut des doutes (c’est normal d’ailleurs). Yoseph chercha donc à « rompre secrètement » pour ne pas faire subir à sa fiancé une honte en public et « la diffamer ».

 

D’ailleurs, un ange vint le prévenir en rêve de ne pas rompre avec elle en lui expliquant que l’enfant qui était en elle était issu du Roua’h hakodesh, ainsi qu’il est dit : « Comme il y pensait, voici, un ange du Seigneur lui apparut en songe, et dit: Yoseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Myriâm, ta femme, car l’enfant qu’elle a conçu vient du Roua’h hakodesh (Saint Esprit) ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Yeshoua ; c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Matityahou 1 : 20- 21

L’ange dit bien à Yoseph haTzadik l’enfant « qu’elle a conçu » et non que « vous avez conçu ». Et voici venir la prophétie t’en controversée, la prophétie Yeshayahou (Isaïe) 7 : 14 : « Tout cela arriva afin que s’accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète : Voici, la vierge sera enceinte, elle enfantera un fils, et on lui donnera le nom d’Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous. Yoseph s’étant réveillé fit ce que l’ange du Seigneur lui avait ordonné, et il prit sa femme avec lui. »

 

Le débat porte généralement sur le terme du mot hébreu : almah עַלְמָה

 

Matthieu fait référence à la prophétie de Yeshayahou/Isaï 7 : 14 « C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe « ot ». Voici, la jeune fille/vierge « almah » deviendra enceinte, elle enfantera un fils, Et elle lui donnera le nom d’Immanouel » Des trois termes possibles pour désigner une femme vierge Yeshayou/Isaï à utiliser le mot Almah. Le débat porte sur le sens qu’il faut donner à ce mot. Ce mot est utilisé 7 fois dans la Bible (Genèse 24 : 3 / Exode 2 : 8 / Prov 30 : 19 / Psaumes 68 : 26 / Cantique des cantiques 1 : 3 et 6 : 8) et désigne généralement une femme vierge ou non-mariée. Mais il est vrai que le mot almah peut être traduit par jeune fille, ce qui n’est pas dérangeant. A noter cependant qu’HaShem a dit qu’Il donnerait un « signe » un « ot » ce qui signifie qu’il s’agit d’une chose extraordinaire. Comme le mot almah vise à désigner des femmes non-mariées, concevoir un enfant issu d’une relation conjugale avant le mariage est plus une transgression de la Torah qu’un « ot », un « signe » d’Hashem. Pour exemple le almah est utilisé dans Béréshit 24 : 43 désignant Rivkah (Rebecca) une jeune fille vierge, dans le passage où Avraham envoya son serviteur (Ĕlîʿézer selon la tradition) pour trouver une femme à Yiṣḥāq (Isaac) dans le pays de sa patrie. Cependant il existe malheureusement pour certain la Septante.

 

 

La Septante est le nom donné à la première traduction grecque de l’Ancien Testament hébreu. Le terme est dérivé du latin septuaginta (« soixante-dix », d’où l’abréviation courante LXX) et évoque les soixante-dix ou soixante-douze traducteurs qui auraient été désignés par un grand prêtre juif pour produire une version grecque de la Bible hébraïque sur ordre de l’empereur helléniste Ptolémée II. Les traducteurs, réunis sur une île, auraient achevé le travail en soixante-douze jours. De plus, ils auraient travaillé séparément, élaborant ainsi soixante-douze traductions…. En réalité la traduction fut recommencée au III siècle av. J.-C. et achevée au IIe siècle apr. J.-C. » (« Septante. » Microsoft® Études 2008 [DVD]. Microsoft Corporation, 2007).

 

Bien que le Rabbin Kravitz soutien que seul les cinq premiers livres de la Bible furent traduits par les 70 anciens à l’origine de la Septante, Aristea, Philon le Juif et l’historien Flavius Josèphe affirment que la traduction faite en 250 av. J.C. était celle de tout l’Ancien Testament. La « lettre d’Aristea » qui décrit le processus, les méthodes, les détails de la traduction de la septante, soutenant que c’est tout l’Ancien Testament qui a été traduit, n’a vu son authenticité être remise en cause qu’en 1540 ap. J.C. par une certain Louis Vive et d’autres après lui dans le but de discréditer la Septante.

 

Les traducteurs juifs qui avaient traduit en grec la Bible hébraïque plusieurs siècles avant la naissance de Yeshoua avaient donc rendu en grec le texte selon qu’il était compris par eux, sans agenda caché. Et cette traduction avait été avalisée par le Souverain Sacrificateur de l’époque.

 

Comme affirmé dans le premier point, Matthieu avait tiré sa citation de la septante qui emploi le mot « Parthenos » qui signifie vierge. Les rabbins juifs qui avaient traduit la Bible hébraïque avaient jugé que c’était ce mot qui rendait bien le sens du mot Alma. Difficile de croire que ces 70 rabbins juifs, qui avaient vu leur œuvre être approuvée par le Souverain Sacrificateur, s’étaient complètement trompé à ce sujet.

 

Certains disent que la Septante est une « catastrophe », car « traduire c’est trahir ». Pour autant pour que 70 rabbins juifs comprennent et traduisent exactement le même sens de ce mot est quand même vous me l’accorderez, de l’ordre de l’improbable, voire de la souveraineté de Dieu qui est le garant de sa Parole.

 

Le récit de la naissance de Yeshoua se termine par le verset suivant : « Mais il ne la connut point jusqu’à ce qu’elle eût enfanté un fils, auquel il donna le nom de Yeshoua. » Matityahou / Matthieu 1 : 25

 

Matityahou précise de nouveau que Yoseph et Myriâm n’eurent pas de relations conjugales. En cela s’accomplit la prophétie faite au Nahash (serpent) dans Béréshit/Genèse 3 : 14 – 15 : « … Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta semence et sa semence : … »

 

Le Tana’h annonce également cette naissance particulière, cela fera l’objet (bli-néder) d’un futur article.

 

Je reste à votre disposition, dans la mesure du possible, pour toutes questions.

 

N’oubliez pas de citer la source si vous souhaitez partager/copier l’article.

 

Soyez fortifiés dans le Mashiah Yeshoua.

 

Kol touv.